Bangui : MSF regrette le peu d’intérêt des bailleurs pour le secteur de la santé en RCA
Bangui, 21 août 2012 (RJDH) – Le président international de l’ONG Médecins sans Frontières (MSF), Unni Karunakara, a déploré le peu d’intérêt des organisations internationales intervenant dans le secteur de la santé en République centrafricaine, alors que le pays présente d’énormes besoins dans ce domaine.
« Les acteurs internationaux ont également réduit leur financement de la santé en République centrafricaine, c’est inacceptable », dit-il dans une interview publiée sur le site de MSF le 17 août, après une visite effectuée en Centrafrique au mois de juillet dernier.
En dehors du peu d’intérêt des bailleurs pour la RCA, Unni Karunakara évoque aussi ‘’manque d’engagement du gouvernement qui ne consacre, jusqu’ici que 10 pour cent de son budget à la santé, en contradiction avec Déclaration d’Abuja qui engage tous les Etats à en consacrer 15 pour cent de leur budget à la santé.
Tous ces aspects font que la situation sanitaire de la population est déplorable, dont celle des enfants. « Il est impératif que les enfants aient un meilleur accès aux soins de santé », déclare-t-il. Pour Unni Karunakara, un nombre important d’enfants de moins de cinq ans meurent à domicile et d’autres à cause de la distance à parcourir pour atteindre le premier centre de santé.
Il souligne que les différentes enquêtes réalisées par MSF en RCA révèlent des taux de mortalité alarmants, comparables à ceux des plus graves crises mondiales. « L’année passée, MSF a mené cinq études distinctes sur la mortalité et les résultats obtenus sont particulièrement inquiétants. Notre plus récente enquête à ce sujet, réalisée le printemps (saison des pluies) dernier dans le nord-ouest du pays », souligne-t-il.
Le président de MSF déplore le fait que des maladies responsables du plus grand nombre de décès en République Centrafrique sont des maladies traitables, telles que le paludisme, le VIH/sida et la tuberculose.
D’après l’analyse de docteur Unni Karunakara, les causes de cette mortalité élevée sont multiples : l’accès limité aux soins de santé, les ressources humaines extrêmement limitées et la rareté de personnel qualifié. « Le pays ne dispose que d’une poignée de médecins spécialisés et ne compte environ que 300 médecins généralistes pour une population d’environ quatre millions d’habitants », indique-t-il.
Il évoque également la question de la pauvreté qui fait que des personnes malades ne peuvent pas se rendre à l’hôpital parce que toutes les prestations médicales sont payantes.






