Obo : Les rescapés de la LRA se disent ‘’orphelins’’ de l’aide humanitaire
Obo, 21 août 2012 (RJDH) – À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée chaque année au 19 août (l’événement aura lieu à Bangui le mercredi 22 août), le RJDH consacre une série d’articles sur cette question. Aujourd’hui, nous vous proposons l’analyse des bénéficiaires de l’aide humanitaire dans le sud-est, une région frappée par l’insécurité, liée à la présence de l’Armée de résistance du seigneur de Joseph Kony.
« Nous les rescapés de la LRA sommes des orphelins de l’aide humanitaire dans la ville d’Obo », a déclaré une victime qui a requis l’anonymat. Or l’association des victimes de la LRA, mise en place le 12 juin 2008, compte 230 adhérents à Obo, 150 à Mboki, 200 à Zémio et 150 à Djéma. Toutes des personnes sorties de la captivité.
Pour ce dernier, plusieurs structures internationales sont passées à Obo échanger avec l’association des victimes de la LRA. D’autres ont même fait des promesses d’assistance pour leur réinsertion sociale. Il a fait savoir qu’en dehors de l’ONG Coopi qui donne une assistance psychosociale, rares sont les organisations humanitaires qui s’intéressent aux rescapés de la LRA.
Mais les déplacés internes sont de leur côté, plus satisfaits de l’aide humanitaire dans la ville d’Obo. Les principaux secteurs d’intervention sont l’alimentation, la santé ou encore l’appui pour la réintégration des victimes la LRA.
« Ma famille vit, en partie, de l’aide humanitaire. Les dons en produits alimentaires que nous octroient les humanitaires, ont beaucoup contribué à nourrir ma famille », a affirmé Marthe Nagourou, une déplacée qui vit actuellement à Obo.
Mais si elle porte une bonne appréciation de l’aide alimentaire, l’assistance en matière de santé est jugée peu suffisante. « La prise en charge des maladies telles que la diarrhée, les vers intestinaux est difficiles. Les médicaments les plus accessibles sont depuis toujours des produits contre le paludisme», explique-t-elle.
Pour sa part, Alain Koumbourouya, cultivateur à Obo, souhaiterait que les humanitaires accompagnent les agriculteurs par des conseils pendant la période de semi. Ce qui selon lui n’a pas été fait. « Pendant les périodes de la culture, les humanitaires n’ont pas mis des techniciens à nos cotés pour nous prodiguer des conseils afin d’arriver à de bons résultats. Nous déplorons ce fait », s’indigne-t-il.
La journée mondiale de l’aide humanitaire a été instituée par l’Assemblée Générale des Nations Unies en référence à l’attentat, du 19 août 2003, au Siège de l’ONU à Bagdad, en Iraq, qui a causé la mort de 22 membres du personnel de l’organisation. Les célébrations sont faites à travers le monde en date du 19 août.





