Bangui : Flambée des prix à cause de l’occupation des villes par les rebelles
Bangui, 10 janv. 13 (RJDH) – Le prix des denrées alimentaires est en hausse dans la ville de Bangui. Cette flambée est liée à l’occupation d’une dizaine de villes qui ravitaillent la capitale en produits agricoles, par les rebelles de la coalition Séléka depuis un mois. Sur les marchés de la place, les aliments sont également rares.
Du marché de combattant en passant par le marché de Miskine jusqu’à celui du Centre ville, nombreuses sont les femmes qui tournent en rond avec des paniers vides en main. Interrogées par le RJDH, certaines ont fait savoir qu’elles ne savent pas exactement ce qu’elles peuvent acheter pour préparer afin que leur famille soit rassasiée.
Noëlla Mangoa, habitant le quartier Boy Rabe, dans le 4ème arrondissement, déplore le fait que les denrées alimentaires deviennent de plus en plus rares sur le marché, cette situation complique parfois la recette journalière. « J’ai six enfants à ma charge, sur le marché, j’ai souvent de problème à constituer la recette. Nous ne mangeons pas ce que nous voulons. Le choix est souvent bouleversé, parce que le prix de la viande de bœuf et du manioc a augmenté », a-t-elle témoigné.
Cette situation affecte plusieurs ménages qui se plaignent de l’insuffisance de la ration alimentaire. Issa Kamissa, musulmane au quartier Miskine, mère des sept enfants, souligne que sa famille ne mange pas à sa faim. « Nous avons l’habitude de manger deux ou trois fois par jour, mais maintenant nous ne mangeons qu’une seule fois. En plus, les enfants ne sont même pas rassasiés à cause de la quantité de la ration alimentaire qui est réduite », a-t-elle fait savoir.
Du côté des bouchers, ils ont indiqué que les principales zones d’élevage qui fournissent le bétail à Bangui sont occupées par les rebelles. Les voies que les éleveurs empruntent pour venir vendre les bœufs sont également bloquées.
« Les plus grandes zones d’élevage qui nous fournissent les bétails sont les préfectures de la Ouaka, la Haute Kotto, occupées par la rébellion de la coalition Séléka. Une partie arrive par la préfecture de l’Ouham-Pendé mais les bœufs coûtent chers », a expliqué Alain Konamna, boucher au marché Combattant.
Selon lui, pour avoir de bénéfice sur le prix d’achat, les bouchers ne pèsent plus le morceau de la viande comme ils le faisaient avant. « Nous préférons vendre plutôt les morceaux selon la quantité, ce qui nous met souvent en litige avec nos clients. Ceux-ci sont parfois obligés de s’orienter vers d’autres denrées », a-t-il ajouté.
D’après le constat fait sur les marchés de la place, une cuvette de manioc coûte entre 4 500 FCFA à 5 000 FCFA selon les endroits de la capitale. Il y a un mois en arrière, la cuvette coûtait 2500 FCFA. Une cuvette de maïs qui coûtait 2500 FCFA, se vend actuellement à 5 000 FCFA.
Les rebelles de la coalition Séléka ont lancé la conquête de certaines villes du pays depuis le 10 décembre 2012. Leur progression a affecté le ravitaillement de la capitale en denrées alimentaire.





