Bangui : Avis partagé des centrafricains sur les résolutions de Libreville

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Bangui, 12 janv. 13 (RJDH) – Les avis des centrafricains sont partagés sur l’accord signé vendredi entre le gouvernement, la rébellion et l’opposition démocratique. Une partie de la population se réjouit de la signature d’une série d’Accord, après les pourparlers de Libreville, notamment la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, tandis que certaines personnes se montrent  sceptiques quant à la volonté réelle manifeste de la mise en œuvre de  ces Accord.

Interrogées par le RJDH, ce samedi, certaines personnes se disent contentes et pensent que la résolution émanant du dialogue de Libreville constitue un début de solution de sortie de crise en Centrafrique.

« Je salue la résolution qui a été dégagée lors des assises de Libreville, cela témoigne effectivement la cessation des hostilités. La formation d’un gouvernement d’union nationale et la dissolution de l’Assemblée Nationale sont autant de solutions salutaires pour la sortie définitive de la crise. Nous ne pouvons que nous réjouir de tout cela. Nous demandons aux autorités centrafricaines d’appliquer à la lettre les différentes exigences issues de ces assises », a souligné Boris Douagui, étudiant en Droit Public et habitant de Bimbo.

Selon Brice Kaka, habitant le quartier Benz-vi, l’Accord de Libreville constitue pour lui un pas vers la démocratie en ce sens qu’il y avait eu crise qui depuis un mois a paralysé tout le pays mais en fin de compte les différentes parties se sont retrouvées et se sont serrées les mains. Elles ont accepté de mettre en place un gouvernement d’union nationale.

Dans la même lancée, la jeunesse est mise en exergue par le vice président du Conseil National de la Jeunesse de Centrafrique, Jean Félix Riva,  qui pense que les crises récurrentes en République centrafricaine paupérisent davantage les jeunes et les femmes que les autres couches sociales. D’une manière ou d’une autre, les jeunes sont toujours les premières victimes.

« Je pense que quand deux frères se battent, l’ennemi récolte la moisson. Les gens sont devenus responsables au niveau de Libreville. Les belligérants doivent penser que le pays est plus grand qu’eux et leurs intérêts partisans. En tant que jeune, je crois à ce dialogue et à la formation du gouvernement d’union nationale, puisque c’est tous les filles et fils du pays qui viendront travailler. Si ceux là travaillent bien, je crois que les principaux bénéficiaires seront les jeunes »,  a-t-il fait savoir.

La population a acclamé l’arrivée des délégations de Libreville

La population de Bangui et des périphéries ont accueilli dans la soirée, le retour de la délégation du pouvoir  et de l’opposition démocratique du retour de Libreville  après les pourparlers de trois jours entre des membres du  gouvernement, l’opposition démocratique, les groupes politico-militaires, et les leaders de la  coalition séléka.

Dans ses mots  adressés à la population à l’aéroport international de Bangui M’poko et à la place de la République, le président de la République François Bozizé, a appelé les centrafricains au calme, car selon lui la paix est revenue. Il a également annoncé la dissolution du gouvernement ce samedi, afin de permettre la mise en place du gouvernement d’union nationale longtemps promis.

Pendant ce temps d’autres personnes restent encore sceptiques. Celles-ci font allusion aux différents Accords signés dans le passé  en Centrafrique  et que la mise en œuvre de ces textes pose problème.

« Je me demande si les parties en conflits vont vraiment s’entendre ? C’est notre pays à nous tous. Est-ce qu’on a toujours besoin de faire recours aux armes pour nous exprimer ? Je suis encore sceptique concernant la durée de la paix après ces assises. Les centrafricains ont la gâchette facile. A moindre mésentente, je suis sûre que ceux-là vont encore dégainer les armes », a souligné Emma Ebi du quartier Yassara II.

« Nous sommes en train de faire du ‘’Sur-place’’ », a déclaré Reine Mologbama une habitante du quartier Bruxelles, qui poursuit en disant que les élections partout ailleurs et même en Centrafrique demandent beaucoup d’argent. A peine deux ans du mandat actuel des députés, on remet tout en cause. « Avec ce rythme, notre pays ne va pas avancer. Le financement en Centrafrique si ce n’est pour les élections, c’est pour les dialogues et les différentes assises concourant à la paix. Quand est-ce que nous allons avoir une paix définitive ? », a-t-elle susurré.

Elle conclue pour dire qu’après 50  ans de l’indépendance,  nous sommes restés à la case départ.

Après trois jours de pourparlers sur  la crise qui secoue la Centrafrique depuis un mois, les protagonistes  centrafricains ont finalement signé un accord de sortie de crise à Libreville au Gabon. Cet accord prévoit un cessez-le-feu immédiat, le maintien du président François Bozizé au pouvoir et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Les membres de la coalition rebelles de la Séléka seront également invités dans ce gouvernement d’Union nationale.

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