Bakouma : Les captifs relâchés témoignent

Bakouma, 3 juillet 2012 (RJDH) – Les personnes prises en otages par la bande armée qui a saccagé, le dimanche 24 juin, les locaux de la société française d’exploitation d’uranium AREVA, et qui ont été relâchées plus tard après avoir transporté le butin des ravisseurs, ont raconté leur vécu.

Un captif relâché, admis à l’hôpital de Bakouma (est), témoigne que depuis son admission dans cette institution sanitaire, il n’a reçu aucun soin. « Nous étions au total 16 détenus. Après notre libération, je suis arrivé dans le village de Léngo, à 20 kilomètres de Bakouma. Mes parents m’ont obligé, parce que je me porte mal, à me rendre au centre de santé. Je n’ai pas de moyens financiers. J’ai eu des enflures partout et personne ne m’est venu en aide », témoigne-t-il.

« Quand les rebelles voulaient nous relâcher, ils nous ont remis une note pour les éléments des Forces armées centrafricaines (FACA). Dans cette note, ils ont écrit qu’ils ne sont pas venus pour faire du mal à la population, ni aux forces de l’ordre. Mais qu’ils sont venus pour le site d’AREVA. Et si les éléments des FACA continuent de les pourchasser, ils vont leur livrer le combat, et c’est la population qui en subira les conséquences», a  fait savoir un autre captif.

« Avant de nous relâcher, poursuit la même victime, les tongotongo (appellation locale de la LRA) nous ont mis en garde de ne pas les combattre. Ils ont dit que nous sommes des civils et qu’il ne faut pas que les autorités locales nous incitent à les combattre. Les rebelles ougandais sont dans la forêt centrafricaine pour préparer le combat  contre le gouvernement ougandais, et non contre les Centrafricains ».

Edouard Kongbaélé, chef du secteur agriculture à l’Agence centrafricaine de développement agricole (ACDA), était aussi au nombre des otages avant de prendre la fuite. Il relate sa mésaventure.  « J’étais de retour d’une tournée dans les villages périphériques, à quelques mètres de Bakouma. J’ai croisé les tongotongo, qui m’ont pris en otage alors qu’ils revenaient du site d’AREVA. Ils portaient la tenue et les bottes que portaient les employés de cette société ».

« J’ai pris la fuite en cours de route, poursuit Edouard Kongbaélé. Ces malfaiteurs ont emporté tous mes bagages. D’après ce que j’ai vécu, ces hommes ne parlaient pas une langue commune à celle de la population. Les autres captifs centrafricains qui étaient avec eux servaient d’interprète ».

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