Bossangoa : Des présumés sorciers encore victimes de violence de la population

Bossangoa, 06 novembre (RJDH)-Des actes de violence sur des personnes accusées de sorcellerie ou de charlatanisme sont loin d’être bannis dans la ville de Bossangoa (nord). En guise de lutte contre ce phénomène, une campagne de sensibilisation s’est tenue ce 6 novembre dans la ville, pour amener la population à prendre conscience du danger que représente cette pratique dans un Etat de droit.

 Difficile d’obtenir des données statistiques fiables sur le nombre des personnes victimes de la justice populaire après être accusées de sorcières ou de charlatanisme. Mais la quasi-totalité des personnes mobilisées pour la compagne de sensibilisation ont néanmoins déclaré avoir vu ou entendu parler des personnes victimes de la justice populaire à cause de la sorcellerie ou du charlatanisme.

Le président du tribunal de grande instance de  Bossangoa, Jean-Vidal Damas, reconnaît la  recrudescence de la justice populaire sur des personnes accusées de sorcelleries ou de charlatanisme. Il explique que la plupart des victimes sont des personnes démunies et des vieillards, mais la justice n’est pas restée indifférente.

« Au niveau de la justice, nous travaillons à base des preuves. En l’absence de celles-ci, nous détenons provisoirement les présumés sorciers, puis nous les libérons, faute de preuves et au bénéfice de la présomption d’innocence. Par ces faits, la population pense que nous les protégeons et c’est pourquoi, elle préfère souvent se faire justice, au lieu de les envoyer devant les juridictions compétentes », relève-t-il.

Joseph Yé, un religieux, a encore la bonne mémoire du dernier cas qu’il a connu. « C’était une veille femme qu’on avait traîné d’un petit village à l’est de Bossangoa jusqu’à la gendarmerie. Après des moments de détention et faute de preuve, la gendarmerie avait décidé de la relaxer. Une fois dehors, tout le quartier s’était levé et s’est rué sur elle pour la torturé. Finalement, elle avait succombé à ses blessures », a-t-il raconté à l’envoyé spécial du RJDH qui prend part à la sensibilisation.

Pour le président du tribunal de grande instance de Bossangoa, il est souhaitable que le  gouvernement et les structures de défense et de protection des droits humains sensibilisent la population pour qu’elle abandonne ces pratiques.

Cette campagne de sensibilisation qui va se dérouler dans le nord, est une activité du Projet de renforcement de l’Etat de droit (PRED), financé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • Entrez votre adresse email pour suivre ce blog et recevoir les notifications de nouveaux messages par email.

    Rejoignez 4 465 autres abonnés

  • RJDH – RCA

  • Avec le soutien de:

  • Internews

    Internews est une organisation internationale à but non lucratif dont la mission est de supporter les médias locaux dans le monde entier pour donner aux gens les nouvelles et les informations dont ils ont besoin, la possibilité de se connecter et les moyens de faire entendre leur voix. Internews soutient financièrement le Réseau des journalistes pour les Droits de l'homme et il n'est pas responsable des choix éditoriaux que le Réseau des journalistes pour les Droits de l'homme fait en termes de contenu.
%d blogueurs aiment cette page :