Bangui : une situation politico-sécuritaire critique en 2012 selon la société civile

Bangui, 21 novembre (RJDH)–La situation politique et sécuritaire de la République Centrafricaine est déplorable au cours de l’année 2O12. C’est le constat fait par Fulgence Zéneth, secrétaire général adjoint de  l’Observatoire centrafricain de droit de l’homme(OCDH), lors d’un entretien avec le RJDH sur la question.

Pour lui, en 2012, la République centrafricaine a été exposée à une insécurité généralisée, notamment dans le nord, nord-est, le centre et le sud-est. Il fait allusion, en particulier, à l’occupation de certaines régions du pays par des rebellions étrangères telle que le Front populaire pour le redressement (FPR) du Tchadien Baba-Laddé et l’Armée de résistance du seigneur (LRA) de l’ougandais, Joseph Kony, qui continuent de commettre des exactions dans le sud-est, malgré la présence des forces ougandaises, centrafricaines et américaines.

« Baba-Laddé, ce rebelle tchadien qui n’a jamais combattu dans son pays, mais qui s’est installé sur le territoire centrafricain. Il a commis des exactions. Malheureusement, il a été rapatrié vers son pays d’origine, et personne n’aborde la question des victimes. Ces derniers temps, on parle même de la possibilité de relaxer ses hommes qui avaient été arrêtés au cours d’un combat avec l’armée », déplore M. Zéneth

Pour lui, Baba-Laddé devrait répondre de tous les actes commis en République centrafricaine sur la population civile. Même s’il n’est plus sur le sol centrafricain, les défenseurs des droits de l’homme étudient encore la possibilité de saisir des instances sous-régionales, régionales ou continentales pour que celui-ci soit jugé.

Dans le sud-est, les attaques de la LRA se sont multipliées entre janvier et mars, compromettant la libre circulation des personnes et des biens. Malgré la présence des conseillers militaires américains et des forces armées ougandaises et centrafricaine, et « nos compatriotes qui habitent cette zone continuent de subir encore les affres de ce seigneur de guerre », regrette-t-il.

Les multiples attaques perpétrées par des hommes armés non identifiés aux alentours de la ville de Boali, à 90 kilomètres de la ville de Bangui, sont également à souligner. Dans ces événements qui terrorisent la population, il y a les bavures militaires. Il y a d’après certains éléments des forces de défenses et de sécurité qui outrepassent leur mission. « Récemment, un élément des FACA a poignardé une fille de 21 ans dans la ville de Kaga-Bandoro. Voilà autant de faits qui inquiètent les défenseures des droits humains », s’exclame-t-il.

 

En dehors de ces aspects soulignés par l’OCDH, l’intérieur du pays a été au cours de cette année, le théâtre de plusieurs attaques, de la rébellion du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) d’Abdoulaye Miskine, un proche de l’ancien président Ange Félix Patassé. Ce groupe armé a commis des exactions sur la population de Kabo, Bantagafo, Paoua, Markounda. Une source militaire avait confirmée la présence de ce groupe  dans les villages de Koudé, Dougouzou et Alim, situés à environ 200 kilomètres de la ville de Bouar (ouest).

Le 15 septembre, les villes de Damara (75 kilomètres) et de Sibut (195), ont été attaquées par des dissidents de la convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Ce qui avait fait fuir une partie de la population, et a également perturbé les activités économiques et sociales de ces villes.

Sur le plan politique, Fulgence Zéneth affirme que la situation est difficile. Toutefois il se réjouit, de la révision du code électoral centrafricain qui a connu la participation de toutes les forces vivent de la nation et pourrait garantir des élections moins violentes en 2016. « Plusieurs choses ont changé de manière fondamentale dans ce document et pourraient conduire les prochains processus électoraux, moins contestables », estime t-il.

Par ailleurs, il déplore l’absence de dialogue entre le gouvernement et l’opposition. « Nous pensons qu’il devait y avoir le dialogue permanent entre toutes les couches du pays, afin de mettre un terme aux problèmes qui minent le développement de la RCA », a-t-il ajouté.

Dans la même perspective, le 13 novembre, le coordonateur du Front pour l’annulation et la reprise des élections (FARE) avait demandé au pouvoir d’ouvrir un dialogue inter-centrafricain qui va réunir toutes les forces vivent de la nation pour discuter des défis auxquels le pays est confronté.

Par Belfort Gobou

 

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