Bangui : Vers une sécurité transfrontalière entre le Tchad et la RCA

Bangui, 29 novembre (RJDH)–Il y a un mois à Ndjamena, capitale de la République du Tchad, se tenaient les assises de la  commission mixte Tchad-Centrafrique sur la sécurité. Dans une interview avec le RJDH, le 27 novembre, le Haut-commissaire aux droits de l’homme, Dieudonné Abakar Nyakanda, qui a participé à ces travaux, espère que les relations entre les Tchadiens et les Centrafricains vont s’améliorer pour une paix durable entre les deux pays.

Plusieurs accords ont été signés à l’issue de cette rencontre. En dehors des questions sécuritaires, notamment les conflits qui surviennent presque chaque année entre des transhumants tchadiens et les autochtones de la région du nord de la République centrafricaine, les discussions ont également porté sur des questions économiques et sur les conditions de rapatriement  des 30 000 réfugiés centrafricains qui vivent au Tchad.

Aux environs de la ville de Batangafo (nord) environ 5 700 personnes déplacées internes vivent dans des camps dans des conditions humanitaires qui laissent à désirer. Ces populations ont été obligées de quitter leurs villages d’origines parce que leurs maisons et leurs champs ont été détruits par des transhumants venus du Tchad en février 2012. Dans la région de Kaga-Bandoro, il existe également des milliers de déplacés du fait des exactions des éléments du rebelle tchadien Baba-Laddé. C’est pour mettre fin à ces atrocités que cette commission a été créée.

Mais si des initiatives sont prises pour faire la paix entre les Tchadiens et les Centrafricains de la région du nord,  Dieudonné Abakar Nyakanda pense qu’il faut que les Centrafricains fassent la paix eux-mêmes aussi au niveau interne. Pour lui, seul le dialogue est la meilleure solution.

« Si on aime son pays, le meilleur moyen de faire entendre sa voix n’est pas de prendre les armes et d’aller tirer sur la population qu’on estime gouverner après tout. (…) Si on veut le pouvoir, c’est à Bangui ; si on veut le fauteuil du président, c’est au Palais de la renaissance à Bangui ; ce n’est pas en tuant des civils, sans défense, qu’on va trouver gain de cause », souligne-t-il.

Au sujet de la situation des droits de l’homme en République centrafricaine au cours de cette année qui s’achève, Abakar Nyakanda estime que l’essentiel dans un pays n’est pas seulement de faire arrêter les bruits de bottes pour parler des Droits de l’Homme.

« La santé, l’éducation, les problèmes sociaux, sont entre autres les notions contenues dans ce courant (…). L’idéal est que tout le monde vive sa vie sans crainte de quoi que ce soit. Mais dommage que la situation est difficile dans certaines régions du pays et nous en sommes conscients », relève-t-il.

Abordant la question des rebellions étrangères qui sévissent dans le pays, le Haut-commissaire aux Droits de l’homme affirme dit que des mécanismes sont en marche pour mettre ces groupes hors d’état de nuire.

« Dans le Sud-est, il y a la présence des instructeurs militaires américains, des soldats ougandais et centrafricains qui poursuivent la lutte contre la rébellion de l’Armée de résistance du seigneur de Joseph Kony. Dans le centre et le centre-nord, depuis près de deux mois, l’opération de rapatriement des éléments l’ex-rebelle tchadien, Baba-Laddé, s’est déroulée. Nous ne sommes pas sûr à 100% que tous les éléments sont rentrés chez eux, mais ce qui est certain, c’est que le maximum est fait », souligne Abakar Nyakanda.

Interrogé sur la position des défenseurs des droits de l’homme qui demandent une poursuite judicaires contre Baba-Laddé, pour les crimes commis sur le sol centrafricain par ses hommes, il dit aussi en être conscient, mais le moment n’est pas encore venu selon lui.

« Etablir la culpabilité du leader du Front populaire pour le redressement est aussi une préoccupation du gouvernement. Nous en sommes conscients ; mais nous ne pouvons pas risquer la vie de nos populations. Le moment n’est pas encore propice pour engager tout cela, vu que certains membres de cette rébellion seraient encore sur le territoire », précise le Haut-commissaire.

Toutefois, il se félicite des actions menées par les ONG de défense et de protection des  droits de l’homme pour aider la population à retrouver sa place dans la société centrafricaine. « Travailler dans le domaine des droits de l’homme, c’est prendre le poids du monde entier sur son cou. Mais certaines ONG arrivent à relever le défi. Elles méritent tous les compliments », conclut-il.

Hippolyte Donossio

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