Bangui : Les urgences des hôpitaux tournent au ralenti aux heures de couvre-feu

Bangui, 12 janv. 13 (RJDH) – Les différents services des hôpitaux de Bangui et ses alentours connaissent un dysfonctionnement à cause du  couvre-feu, instauré  suite aux hostilités entre l’armée centrafricaine et la coalition des rebelles de la Séléka. D’après le constat fait par le RJDH dans les services d’urgence de l’hôpital communautaire et le complexe pédiatrique de Bangui,  ces services ne fonctionnent que le jour alors qu’avant ils reçoivent d’urgence les malades la nuit.

« Habituellement, le personnel soignant dispose de 24 heures de garde et la rotation ne causait de problème. Pour l’instant, les heures de la prise de service sont arrangées à 7h 30mn. Le personnel est permanent dans leur service mais ce qui pose problème est la fréquentation des services des urgences chirurgicales et médicales aux heures du couvre-feu. « Les malades se font rares dans ces derniers temps », a témoigné Joël Nganafeï, Major au service des urgences médicales.

Selon lui, les malades ont certainement peur de sortir la nuit avec ce couvre-feu. Ils préfèrent attendre le matin pour venir à l’hôpital. « Je pense que si les cas sont vraiment graves, très graves, les malades vont prendre le risque de sortir. Quelques uns arrivent parfois au bord des taxis courses qui utilisent les feux de détresse pour signaler l’urgence de leur déplacement », a-t-il encore affirmé.

Joël Nganafeï,  a indiqué que la statistique d’aujourd’hui prouve à suffisance le ralentissement de ces deux services des urgences qui recevaient chacun entre 15 à 30 cas de malades par jour et maintenant à peine 10 patients.

« Je ne suis arrivé que ce matin pourtant que je fut bien malade depuis hier nuit. J’ai tenté cette nuit de venir mais deux tentatives vaines devant les barrières dans mon quartier, m’ont finalement découragé de poursuivre. J’ai préféré rester dans mon lit que d’aggraver ma situation avec des veines altercations avec des jeunes qui ont érigé leurs barrières tout le long des artères », s’est plaint un patient rencontré par le RJDH au niveau de l’hôpital Communautaire de Bangui.

Ce même son de cloche est retenti du côté de l’hôpital pédiatrique de Bangui. Une sage-femme que le RJDH a rencontrée et qui a requis l’anonymat se demande si maintenant les femmes accouchent à la maison. « C’est à peine une seule naissance la nuit. Qu’en est-il du sort des bébés et les enfants malades la nuit ? », s’est-elle interrogée.

« Si nous remarquons ici une forte fréquentation le jour, il n’en est pas le même la nuit. Maintenant, les parents sont souvent sceptiques quant à l’idée d’hospitaliser leurs enfants. Ils préfèrent les ramener à la maison afin venir le jour suivant pour des soins ou une autre consultation », a-t-elle repris.

Une autre confirmation vient des mères d’enfants hospitalisés. Pour elles, les enfants sont les êtres souvent fragiles, donc sujets aux maladies de tout genre. Mais depuis elles constatent que les enfants n’arrivent presque plus la nuit à la pédiatrie.

Depuis le début de cette crise en Centrafrique, le champ de manœuvres quotidiennes des Banguissois s’est profondément réduit.

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