Kaga-Bandoro : Des déplacées témoignent

Bangui, 16 janv. 13 (RJDH) – En dépit de l’accord de cessation d’hostilité signé entre le gouvernement et la rébellion de la Séléka, certains habitants de la ville de Kaga-Bandoro (centre) continuent d’évacuer la ville. Plusieurs centaines de personnes sont arrivées samedi à Bangui à bord des véhicules militaires des éléments de la Force multinationale en Afrique centrale (Fomac).

La majorité de ces personnes est constituée des religieux de la mission Catholique des fonctionnaires et agents des secteurs publics et privés. Les déplacés ont témoigné avoir traversé des moments difficiles depuis la prise de la ville de Bandoro, par les rebelles de la Séléka. Ils ont également affirmé que la ville de Kaga-Bandoro, n’a plus son image d’il y a quelques mois.

Un religieux a confié ce matin au RJDH sous l’anonymat que « nous avons profité de la mission des éléments des Forces Multinationales en Afrique Centrale pour sortir de cette terreur. C’était une occasion rare et inespérée que nous avons reçue. A cet effet, nous n’avons pas hésité une seconde pour revenir à Bangui ».

Il précise que la Fomac a accepté de les transporter, parce qu’ils sont des religieux. Pour les fonctionnaires, c’est parce qu’ils ont des enfants et ne sont pas en sécurité dans la ville à cause des éléments de la Séléka.

Il poursuit son témoignage en disant que « la ville de Kaga-Bandoro est à l’heure actuelle très déserte. Toute la population se retrouve soit au champ ou dans la forêt. Les rebelles de Séléka ont tout détruit. Les bâtiments administratifs et les maisons des particuliers qui travaillent dans le secteur public ou privé sont systématiquement pillés et saccagés dès leur entrée dans la ville. Seul l’hôpital préfectoral de la ville et la mission catholique, la bâtisse de l’évêché qui sont encore en état de fonctionner, puisque beaucoup de démunis en ont fait leur refuge ».

L’un des déplacés a fait savoir que « non seulement les rebelles ont commis des exactions sur la population, mais il y a eu aussi des cas d’exécutions sommaires de certains fonctionnaires et commerçants de la ville doigtés par les jeunes désœuvrés ». Il précise que même jusqu’à son départ de la ville, les cadavres jonchent encore les ruent et les artères. Certains cadavres sont dévorés par les porcs et les chiens, puisqu’aucune personne ou ONG, ne s’en est occupé.

« La population ne peut circuler que uniquement le jour. Et les déplacements sont réduits à leur strict minimum et effectué pour des besoins nécessaires. La nuit, tout le monde est sur le qui-vive. Nous portons tous nos pantalons Jeans, nos blousons et nos paires de palladium pour nous permettre de détaler facilement si l’alerte est donnée », a-t-il ajouté.

« Je ne suis pas surpris de voir toutes les villes que nous avons traversées soient désertes, même le jour. Je parle de la ville de Dékoa et Sibut. Quant aux villages, les gens détalent dans la brousse en écoutant le bruit du moteur de véhicule », a-t-il tancé.

Il a conclu que « c’est avec un grand ‘’ouf’’ de soulagement que j’ai mis pied à Bangui. Je plains le sort de tous ceux qui sont encore restés sur place dans ces villes sans assistance humanitaire de tout genre, avec le lot quotidien de la famine, des maladies et épidémies ».

L’accord signé le 11 janvier à Libreville exige un cessez-le-feu immédiat et prévoit la formation d’un gouvernement d’Union nationale, des élections législatives anticipées d’ici à 12 mois et aussi le retrait de toutes les forces militaires étrangères de Centrafrique, à l’exception de la Fomac et la poursuite du désarmement des rebelles.

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