Ndélé : Un religieux relate la prise de la ville par la Séléka

Ndélé, 29 janvier 2013 (RJDH) – Un religieux de la ville de Ndélé (nord-est), qui a réussi à atteindre la ville de Bangui témoigne les faits vécus au RJDH le lundi 28 janvier. Il explique également les raisons qui l’ont poussé à quitter la ville.

Cette source qui a préféré garder l’anonymat a expliqué qu’après la prise de la ville de Ndélé par les éléments de la Séléka, le 10 décembre dernier, ces derniers ont commencé à faire des exactions sur la population locale, les agents de l’Etat et procédé à des pillages des sociétés, des petits commerces et des biens des ONG humanitaires.

« Après ces exactions, ils ont tué des personnes, surtout ceux qui travaillent pour l’Etat. C’est ainsi que nous avons quitté la ville pour trouver refuge dans la bourse pour certains et dans la base des éléments de la FOMAC pour d’autres ».

« La majorité des éléments de la Séléka sont des Tchadiens et des Soudanais. Les centrafricains ne sont même pas nombreux. On peut estimer à 90%, le nombre des étrangers qui sont dans  cette rébellion. Ils parlent l’arabe, l’anglais, le français,  le goula et le rounga. C’est eux qui font des exactions sur la population et qui dirigent les combats contre les forces armées centrafricaines ».

« Ils ont recruté des jeunes de la ville. Même des enfants que j’enseignais au lycée ont été enrôlés de force pour aller combattre. Ils recrutaient également des gens qu’ils retrouvent en cours de route et dans les villages proches de la ville de Ndélé. Ils ont fait des promesses à ces enfants qu’une fois arriver à prendre le pouvoir, ils seront récompensés et recrutés dans l’armée nationale ».

« Avec tout ce que j’ai vécu à Ndélé, il n’y a pas d’avenir pour la population de cette ville. Parce que les rebelles ont tout détruits. Il faut du temps pour réveiller la ville de Ndélé, car c’est une ville qui est déjà morte ».

« Actuellement la situation alimentaire est déplorable. Le prix des denrées alimentaires est à la hausse. Les produits de première nécessité se font rares. La population n’arrive pas à trouver à manger. Les gens ne circulent pas dans la ville. Seul, ceux qui ont des parents dans la rébellion, peuvent circuler librement ».

« Quand les rebelles étaient arrivés, leur seul objectif était de piller la ville, de tuer les autorités administratives et militaires et de terroriser la population. J’ai réussi à quitter cette ville grâce aux éléments de la FOMAC qui ont accepté de me ramener sur Bangui ».

Cette source lance un appel aux ONG humanitaires de venir en aide à la population de Ndélé qui est dans la brousse sans aucune assistance alimentaire et sanitaire. La ville de Ndélé a été la première ville à être tombée aux mains des éléments de la Séléka, le 10 décembre dernier.

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