Bangui : Le silence des autorités politiques rend la situation sécuritaire et humanitaire inquiétante

Bangui, 14 févr.-13 (RJDH) – Les autorités centrafricaines tardent à se prononcer sur une volonté réelle de venir en aide à la population des villes du pays qui continuent de subir des exactions commises par les éléments dits « incontrôlés » de la rébellion Séléka. Ce silence pour beaucoup de Centrafricains, nourrit la forfaiture vis-à-vis de la nation et encourage l’impunité dans le pays.

La population s’inquiète  toujours des actes de viols, pillages et exactions de la Séléka, malgré la signature depuis plus d’un mois des accords de sortie de crise. « Le gâteau est déjà partagé mais pourquoi ceux qui constituaient les anciens protagonistes continuent d’hypothéquer notre vie en prenant tout le pays en otage ? », s’est indigné Roland Ngoundéré, un agent de l’Etat, interrogé par le RJDH.

Pour certains analystes, c’est parce que les leaders de la coalition Séléka sont tous à Bangui dans le gouvernement d’union nationale, qu’ils ont perdu le contrôle de leurs troupes sur le terrain. Une situation que les éléments ont récupérée pour défier l’autorité de leurs chefs en occupant des nouvelles villes et en commettant des exactions sur les populations.

Un enseignant à l’Université de Bangui qui requiert l’anonymat écarte pour lui le terme d’éléments incontrôlés de la Séléka. « Ce que la population de l’intérieur du pays est en train de subir est à mon avis la continuation des hostilités créés par des éléments de la Séléka et non des simples éléments incontrôlés », a-t-il dit.

La solution à ces hostilités ne peut provenir que de la volonté politique

Même si la population de Bangui se félicite et encourage l’initiative des autorités religieuses qui veulent mettre la pression sur les belligérants, elle reste cependant dans l’inquiétude et critique le silence des autorités nationales. Elle pense par ailleurs que la solution à tous ces problèmes ne peut venir que du nouveau gouvernement d’union nationale mise en place depuis plus de dix jours.

« Seules les autorités politiques peuvent nous apporter une solution à ces problèmes d’exactions dans nos provinces. Nous attendons plus d’elles. Mais malheureusement, c’est le silence total de leur part. La déclaration de l’archevêque, de l’imam et du pasteur nous a un peu calmés mais ce ne sont pas eux qui vont mettre fin à ces hostilités », a affirmé Augusta Séndéma, étudiante en science politique à l’Université de Bangui.

Pour Jean Bruno Rongaï, un habitant de quartier Gobongo, seul  l’Etat  centrafricain a le moyen de  résoudre ce problème. Car c’est lui qui dispose de tous les pouvoirs régaliens. « S’il se prononce, il peut donner une lueur d’espoir à la nation. Mais là maintenant, rien. C’est le silence total. Il fait comme si il cautionne les exactions commises sur la population dans les arrières pays », a-t-il ajouté.

L’Etat a perdu le contrôle de certaines villes du pays avant les attaques de Séléka

Un leader de la société civile a fait ce constat : « Depuis plusieurs décennies déjà, les foyers de crises militaro-politiques sont pour la plupart de temps dans les provinces de la République centrafricaine, loin de véritables pouvoirs et institutions de l’Etat. Depuis tous ces temps, les activités socioéconomiques tournent au ralenti dans ces villes où les rebelles occupent régulièrement. Les premières et les principales victimes de ces hostilités restent les paysans, les cultivateurs, les éleveurs et les artisans. Ils sont régulièrement tués, assassinés, violés, dépossédés de leurs biens et maltraités. Ils vivent dans une situation précaire, sans nourriture, ni eau potable et sans assistance sanitaire ».

Pour d’autres, au-delà de tous ces problèmes, « l’autorité de l’Etat centrafricain a disparu depuis longtemps dans certaines régions qui sont en proie aux attaques sporadiques et régulières des coupeurs de route, des braconniers ou des bandits du grand chemin venus des pays voisins sans compter les multiples rébellions et groupes armés ».

Après la signature des accords de Libreville, les hommes de la coalition continuent de s’emparer des villes centrafricaines. Ils commettent des exactions, la ville de Mobaye est tombée aux mains de ces rebelles la semaine passée. Cette situation a provoqué le déplacement d’une partie de la population vers le Congo démocratique.

Interrogés sur ces attaques, les leaders de la coalition Séléka parlent des ‘’éléments incontrôlés et promettent des sanctions. Des sanctions qui tardent à venir et met la population dans un désespoir.

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