Bangui : Des pluies diluviennes en pleine saison sèche

Bangui, 4 mars 2013 (RJDH) – La République centrafricaine traverse  la saison sèche, mais depuis plus d’un mois, la ville de  Bangui et certaines régions à l’intérieur du pays connaissent des pluies diluviennes et des vents violents. Cette catastrophe naturelle avait causé de nombreux dégâts matériels et humains. Une situation qui inquiète la population.

Plusieurs maisons dans les différents quartiers de Bangui et des périphéries dont on ignore encore le nombre ont été écroulées et des toitures enlevées par le vent de la pluie torrentielle qui s’est abattue sur la ville de Bangui, le dimanche 3 février.

Sur certaines artères à l’exemple de l’avenue des martyrs, des panneaux publicitaires ont été enlevés, des fils électriques ont été coupés et des poteaux électriques tombés.

« Nous avons passé la nuit chez les voisions. Le vent a enlevé la toiture de notre maison, heureusement il n’y a pas de blessés. Mon époux ne travaille pas, je ne sais pas comment nous allons faire », a déclaré Delphine Mokokpé, une des victimes et mère de cinq enfants.

Gervais Ngatouba, père de famille, habitant le 5ème arrondissement qui est également victime de cette pluie torrentielle, a déclaré que « le vent a enlevé la clôture de ma maison. Et les voleurs ont profité de l’occasion pour voler les roues de mon véhicule ».

Dans le 6ème arrondissement, la toiture d’un des bâtiments du lycée de Fatima a été enlevée. Même situation à l’école Koudoukou dans le 3ème arrondissement et à l’école préfectorale de Bimbo.

Un géographe explique le phénomène

Face à cette inquiétude de la population,  Marcel KoKo, maître de conférences au département de géographie à l’Université de Bangui affirme qu’il  s’agit d’un bouleversement au niveau de la convergence intertropicale ou la rencontre entre l’anticyclone de la Libye et celle de la Sainte Hélène.

« Cette convergence ne suit pas sa ligne normale, elle change de position. Au lieu que cela soit au sud de la République centrafricaine, cette convergence se retarde et se met au milieu. C’est cette situation qui a entraîné des bouleversements que nous connaissons actuellement avec des vents violents, émanant de la haute pression de la Libye », a expliqué Marcel Koko.

Selon lui, il ne s’agit pas d’un changement climatique, « mais de l’altération climatique. Parce que dans le climat, il y a deux phénomènes qui sont concernés à savoir, la température et les précipitations. Ce ne sont pas tous les éléments climatiques qui sont concernés par ce changement ».

La même source rappelle que ce phénomène n’est pas nouveau en République centrafricaine, car cela s’était déjà produit  dans les années 1998 et 2009. « C’est un phénomène qui est cyclique. Dans les jours à venir, il va y avoir un retournement. La convergence intertropicale va suivre son cours normal avant la fin de l’année en cours », a-t-il conclu.

Le bilan définitif de cette catastrophe naturelle n’est pas encore établi. Le RJDH s’est rapproché de la Croix-Rouge centrafricaine pour avoir le bilan, mais celle-ci affirme que des volontaires sont encore sur le terrain pour enregistrer les dégâts causés par ces pluies torrentielles.

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