Bangui : La présence d’un médiateur national s’avère importante pour l’heure

Bangui, 5 mars 2013 (RJDH) – La reprise des hostilités par les éléments de la coalition Séléka et les multiples bras de fer entre les protagonistes font penser à nombreux centrafricains, la nécessité de la nomination d’un médiateur national. Beaucoup de supputations tournent autour de cette question d’avoir ou non un médiateur national à l’heure actuelle, alors que le mandat de l’ancien médiateur est arrivé à expiration depuis quelques temps.

C’était dans le sillage de la démission de l’ancien Premier ministre, Faustin Archange Touadéra que beaucoup de décrets étaient tombés pour rapporter la nomination de plusieurs membres des institutions républicaines, dont faisait partie le médiateur national, le prélat Mgr Paulin Pomodimo.

« C’est très surprenant que le Chef de l’Etat a attendu ce moment là pour rapporter le décret de certaines institutions nationales comme la Cour Constitutionnelle et le Conseil Nationale de la Médiation. Moi, j’avais pensé que c’était inclus dans les clauses des accords de Libreville. Lorsque je me suis rendu compte que cela n’existe pas dans les documents de Libreville, je me suis dit certainement que c’est dans les clauses secrètes », a tenté d’expliquer un agent de l’Etat sous l’anonymat.

La même source indique qu’il s’attendait à voir d’autres nominations quelques jours plus tard après la mise en place du gouvernement d’union nationale. Et selon lui, les nominations devraient seulement prendre en compte les différents protagonistes de la dernière crise. Mais il a été surpris de constater que jusqu’à l’heure actuelle, il n’y a pas eu de nomination et plus grave encore, la Centrafrique évolue sans un médiateur national à une période dont elle a le plus besoin.

Pour Alexis Ndui Yambela, vice-doyen de la faculté des Sciences Juridiques et politiques à l’université de Bangui : « c’est une situation anormale, du moment où nous traversons une période incertaine. D’un moment à l’autre les crises peuvent rebondir. Si nous n’avons pas de médiateur national, c’est une situation peu concevable, même si nous avons un médiateur expatrié pour la crise en Centrafrique, en la personne du président Denis Sassou NGuesso. Le problème est qu’il n’est pas sur place ici à Bangui et en tant que chef de l’Etat, son emploi du temps est chargé ».

Le vice-doyen de la faculté des Sciences Juridiques et politiques a insisté pour affirmer que si « nous avons un médiateur au niveau interne, il pouvait lancer le processus de paix et travailler en étroite collaboration avec le président Denis Sassou NGuesso pour une bonne observation des accords de Libreville ».

Il a par ailleurs souligné que dans une République, toutes les institutions doivent être en place. Pour qu’elle puisse bien fonctionner, tout doit aller de concert. Et s’il y a absence d’une institution, ce fait bloque toute l’harmonie. « Quand nous savons déjà que le médiateur sortant a beaucoup œuvré pour la réconciliation dans certaines crises en Centrafrique, mettre fin à sa fonction dans des moments pareils crée de vide » a-t-il expliqué.

Certains centrafricains pensent que le médiateur sortant n’a pas été à la hauteur de sa fonction. Il avait perdu depuis un certain temps toute sa crédibilité et sa neutralité par ses prises de position toujours penchées vers le pouvoir en place, pour d’autres. « A mon avis, Paulin Pomodimo n’a jamais été neutre dans les litiges autour desquels il apporte sa médiation. Il est toujours enclin à soutenir le régime en place combien même que les centrafricains souffrent dans leur chair. La dernière fois, les retraités militaires ont fait confiance à lui, mais ils s’en sont rendu compte et sont passés à la vitesse supérieure », l’a persiflé une commerçante au marché kilomètre 5.

S’il n’y a pas de Conseil National de la Médiation, c’est qu’il n’y a aucune institution sur le plan national à s’interposer entre les membres de la société lorsqu’il y a conflit.

« La Centrafrique est un Etat d’exception. Presque toutes les institutions de l’Etat ne fonctionnent pas très bien, y compris les institutions dont les membres sont déposés. Jusqu’à ce jour, nous sommes en présence d’un vide institutionnel que tout le monde ne prend pas au sérieux » a critiqué Bertrand Kenguetona, Assistant à la Faculté de Sciences Juridiques et Politiques à l’Université de Bangui.

« Si Mgr Paulin Pomodimo a perdu de sa crédibilité en fil de temps, c’est que son choix a été biaisé dès le départ. L’autorité qui l’a nommé garde toujours sa mainmise sur lui. S’il a été choisi dans des conditions prévues par les textes institutionnels, je pense qu’il serait à l’heure actuelle crédible pour tous les Centrafricains. Et il serait la pierre angulaire du processus de la paix avec l’appui du Président Denis Sassou Guesso dans la crise actuelle », a développé Bertrand Kenguetona.

« Le Conseil National de la Médiation doit être une institution indépendante qui ne rend compte qu’à la nation et à sa conscience. Le médiateur national doit par ailleurs être choisi par ses pairs qui sont au préalable envoyés à la médiation par les entités habilitées à composer le Conseil. Et ce n’est qu’après que le Chef de l‘Etat fait entériner le décret de sa nomination », a-t-il conclu.

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Comments
One Response to “Bangui : La présence d’un médiateur national s’avère importante pour l’heure”
  1. matongo dit :

    Disons centrafrique a déjà un médiateur

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