Bangui : Fin de l’exposition-vente des femmes chrétiennes sur une faible note

Bangui, 13 mars 13 (RJDH) – L’expositions-vente des femmes chrétiennes a pris fin ce mercredi 13 mars, sur une faible note. Déjà ce matin, certaines femmes ont commencé de remballer leurs affaires. Cette prolongation est liée au non épuisement du stock des produits exposés. Les responsables des stands craignaient de voir moisir leurs produits alimentaires, c’est pourquoi elles ont demandé à la municipalité trois jours de plus. Une activité qui s’inscrit dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme, du 8 mars.

Beaucoup de responsables de stands ont témoigné de la moindre fréquentation des expositions par rapport aux années antérieures. Elles pensent que le retard dans le paiement de salaire a beaucoup contribué à leur faillite cette année. Elles ont senti un très faible pouvoir d’achat des femmes et des hommes.

En marge de toutes les activités réalisées lors de la semaine qui a précédé le 8 mars et la journée elle-même, le RJDH vous met en parallèle la carrière de deux centrafricaines qui brillent par leur travail aussi bien sur la scène nationale qu’internationale.

1 – Joséphine Dejean

Joséphine Dejean est l’actuelle présidente de l’Association des femmes d’affaires de Centrafrique (AFAC) et Vice présidente du Réseau africain de soutien en entreprenariat féminin (RASEF) au niveau de la CEEAC.

« Nous avons créé l’association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC) lorsque j’étais encore à la Cour de cassation. J’ai servi comme chargée de relations publiques, puis responsable de la commission des affaires. C’est là que j’ai pris goût pour entrer dans l’association des femmes d’affaires de Centrafrique, dont je suis la présidente depuis huit ans. A côté de cela au niveau sous régional, je suis la vice-présidente du Réseau africain de soutien en entreprenariat féminin (RASEF) au niveau de la CEEAC », a-t-elle relaté.

Elle a servi à la Cour de Cassation puis à la Cour d’Appel de Bangui, avant d’être nommée directrice du recouvrement et de contentieux au PETROCA, ex TOCAGES.

« J’ai fait l’Ecole Nationale de l’Administration (ENA) de Bangui. J’étais major de ma promotion. J’ai eu la chance de passer une période de stage au tribunal de grande instance de Paris. J’ai choisi à la fin de travailler à la justice de mon pays dont je fus la première greffière en chef au sortir des périodes coloniales. J’ai par ailleurs fait mon service militaire, je suis à l’heure actuelle caporale de réserve », a-t-elle poursuivi.

Selon elle, une femme qui connaît son travail, est crainte de tous. C’est par la force de son travail qu’elle a tenu tête aux hommes dans une société qui a longtemps lutté et qui continue de lutter pour les droits de la femme, l’égalité et la parité dans les fonctions étatiques.

Elle a un brevet de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) pour un portefeuille de puce téléphonique. « Je voyage beaucoup et j’ai beaucoup de puces des pays étrangers que je perdais. C’est pour éviter cette perte que j’ai conçu cet étui. Je suis actuellement en contact avec un partenaire pour me mettre cet étui sur le marché », a relaté Joséphine Dejean.

D’un père instituteur qui fut le tout premier ministre centrafricain des affaires étrangères, auprès de qui elle a beaucoup appris, Joséphine Dejean a connu l’avènement de l’indépendance. « J’ai reçu de mon père instituteur une grande partie de mon éducation. Il me mettait en compétition avec tout le monde surtout avec mon frère cadet. Il me faisait lire à l’époque ses journaux et me demandait de lui faire le résumé. Il exigeait de moi la connaissance de l’Afrique entière, les capitales et les différents présidents. C’est grâce à l’éducation qu’il m’a donnée que je suis devenue ce que je suis aujourd’hui. J’ai le cœur fondu lorsque je vois les gens éduquer leurs enfants aujourd’hui, sans une bonne éducation de base qui devrait venir de la maison », s’est-elle plainte.

Enfin, son moment de bonheur et de satisfaction est celui qu’elle prend pour partager son expérience avec les femmes de Centrafrique.

Wesse  Mbanga Motè

Wesse  Mbanga Motè travaille à la société de téléphonie mobile Telecel comme chef de service reporting. Elle s’occupe de tout ce qui est MMS, SMS, VMS, le reporting et la maintenance. « Je suis la seule femme dans mon domaine au niveau du Telecel, mais à la direction technique nous ne sommes que deux. Nous sommes en train de faire valoir notre savoir-faire en nous mettant sur un même pied d’égalité avec nos collaborateurs hommes. Nous travaillons sans complexe », a-t-elle dit.

Pour elle, le fait qu’elle soit chef de service ne la met pas dans une position supérieure à son mari. Beaucoup de femmes ne comprennent pas bien ce concept d’égalité de genre, ce qui fait que les hommes ou les maris en sont réfractaires.

« Moi par exemple, mon mari comprend l’ampleur de mon boulot, je suis sollicitée à toute heure pour la maintenance, même à minuit. Ce fait, souvent dans d’autres foyers est cause de discorde, ne constitue pas chez moi à la maison un motif de dispute. La dernière fois je lui ai laissé notre bébé d’à peine deux mois pour partir faire quatre semaines de formation en Chine », s’est-elle réjouie.

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