Bangui : Une semaine mouvementée par des évènements liés à l’insécurité

Bangui, 16 mars 2013 (RJDH) – La semaine qui s’achève ce samedi 16 mars, a été tourmentée par des actualités d’insécurité  en République centrafricaine. La partie sud-est du pays a été le plus touchée. De la prise des villes de Gambo et de Bangassou par la rébellion de la Séléka, en passant par la panique dans les villes de Zémio et de Mboki à cause de rumeurs d’attaque,  à la fuite vers le Tchad, de  l’ex ministre de la Défense Jean Jacques Démafouth. Le RJDH se propose de vous donner un résumé.

Le lundi 11 mars, la ville de Bangassou (Sud-est) a été tombée entre les mains des rebelles de la coalition Séléka, après un rude combat qui les a opposés aux éléments des forces armées centrafricaines (FACA). La présence de ces éléments a été signalée depuis quelques temps dans la localité de Dimbi, proche de cette ville. Ces hommes avaient poursuivi leur marche, avant d’être stoppés à l’entrée de la ville de Rafaï, à cause d’un problème logistique. Les FACA en fuite, avaient enlevé le bac qu’on utilisait pour traverser la rive de Chinko, menant dans  cette ville.

Les humanitaires présents dans cette zone, ont évacué la quasi-totalité de leur personnel, laissant ainsi plusieurs milliers de populations, déjà en proie aux exactions des rebelles ougandais de la LRA de Joseph Kony.  En réaction, le gouvernement et les chefs de la Séléka qui ont intégré le gouvernement d’Union nationale ont vigoureusement condamné cette attaque par le biais d’un communiqué lu à la radio nationale.

Le lendemain,  12 mars, le leader du mouvement de la Convention des patriotes pour la justice et la paix  (CPJP), Abdoulaye Issène, se dit prêt à combattre au côté des Forces armée centrafricaines contre ces rebelles dissidents de la Séléka qui continuent d’occuper les villes du pays. Dans un entretien accordé au RJDH, Abdoulaye Issène avait  qualifié ces éléments dissidents « de bandits de grand chemin, de semeurs de trouble et d’auteurs de l’insécurité ». Celui-ci avait enfoncé le clou en disant que « la convention patriotique pour la justice et la paix est prête pour combattre pour la paix. Elle a signé un accord de paix pour que la sécurité s’installe dans le pays ».

Cette réaction sera suivie de celle du Parti national pour un Centrafrique nouveau (PNCN) qui demande une répression contre les éléments dits « incontrôlés » de la coalition rebelles de la Séléka, qui ont repris les hostilités en conquérant des nouvelles villes de l’intérieur de la Centrafrique. Lors d’une conférence de presse qu’il avait animée le 14 mars à Bangui, le président du PNCN et membre de la majorité présidentielle, Cyriaque Gonda, avait demandé aux autorités gouvernementales de prendre leur responsabilité pour assurer la protection des populations menacées par les rebelles, en utilisant tous les moyens, en n’excluant pas la force.

En ce qui concerne la capacité de l’armée nationale à résister face aux rebelles, Cyriaque Gonda mentionnait que « nous avons des accords militaires avec certains pays amis. Nous pouvons les demander de l’aide, soit avec des hommes, des équipements ou bien de renseignements, pour stopper ces gens qui n’ont d’autres ambitions que de mettre à plat le pays ».

Entre temps le 13 mars, l’avancée des rebelles de la coalition Séléka dans la  région sud-est de la Centrafrique, met la population des villes de Zémio et de Bakouma dans une situation d’ambigüité. Les habitants de Zémio, une ville déjà affaiblie par les exactions des éléments de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony, disent ne plus vouloir aller dans la brousse à cause de cette rébellion ougandaise. Tandis qu’à Bakouma certaines personnes ont commencé à quitter la ville.

D’après le constat fait par un habitant de la ville de Zémio joint par le RJDH, une  partie des habitants de Rafaï qui avait fui les attaques du lundi 11 mars, se trouvaient encore dans la ville.  Il avait également signalé la présence des FACA qui avaient été délogées à Bangassou par les rebelles.

Face à cette situation, les habitants de cette localité se trouvent dans l’embarras du lieu de cachette. Car dans la brousse et les périphéries de la ville, la présence des éléments de la LRA est souvent signalée. Certaines personnes préfèrent se diriger vers la ville d’Obo, à l’extrême sud-est.

Pendant ce temps le 15 mars, l’ancien ministre de la Défense et leader du mouvement de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), Jacques Démafouth, a été déclaré persona non grata et sommé de quitter le territoire tchadien, où il « demande protection », depuis mercredi 13 mars.

A Bangui, les autorités politiques ont fait savoir qu’aucune procédure n’est enclenchée contre lui. L’ancien ministre de la Défense Jacques Démafouth a profité d’une mission du programme de Désarmement, démobilisation et réinsertion qu’il a effectué à Paoua (Nord) pour traverser la frontière et demandant l’asile politique aux autorités tchadiennes, prétextant qu’il est menacé et poursuivi par Bangui.

Pour en finir le 15 mars, saisissant l’occasion de faire le bilan de ses activités, le groupe de travail de la société civile se dit prêt à porter plainte contre les dissidents de la coalition Séléka, qui continuent de commettre des exactions à l’intérieur du pays.

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