Bangui : La population reprend les activités malgré le sentiment de peur

Bangui, 28 mars 2013 (RJDH) – Les activités commencent à reprendre progressivement dans la ville de Bangui, depuis le  mercredi 27 mars, après le renversement du régime de François Bozizé  par la coalition Séléka le dimanche 24 du même mois. Une crise qui a entrainé des pertes en vies humaines et des pertes matérielles. Toutefois des coups de feu se font encore entendre isolement dans certains quartiers de Bangui.

Du premier arrondissement en passant par le deuxième, le troisième et le quatrième arrondissement de la capitale, la population commence à sortir dans la rue pour vaquer à ses occupations. La circulation reprend peu à peu et on note la présence de quelques taxis et bus, qui circulent dans les artères de Bangui. Certaines personnes qui ont pris fuite commencent à sortir de leur cachette.

Dans les marchés, certains commerçants ont encore peur de reprendre les activités économiques, tandis que d’autres ont commencé à exposer leur produit. « Je suis venue chercher de la nourriture pour ma famille car les trois jours que nous avons passé dans la cachette, toutes les provisions sont épuisées », a fait savoir Rosalie Koudounguéré habitant le quatrième arrondissement de Bangui.

Dans les casernes militaires on note également la présence de certains éléments des Forces armées centrafricaines, qui cherchent à se faire enregistrer après un communiqué fait par leurs chefs hiérarchiques demandant à tous les porteurs de tenue de regagner les bases militaires.

Certains débits de boisson sont également ouverts et on aperçoit des gens qui viennent partager des pots et profitent pour s’informer sur la situation sécuritaire de la ville. « J’étais sorti prendre un verre pour en profiter d’avoir les nouvelles sur la sécurité, car on nous demande de reprendre le travail », a dit Serge Namboua, agent de l’Etat.

Un sentiment de peur  existe toujours au sein de la population

En marge du calme précaire qui règne actuellement dans la ville de Bangui, l’on déplore encore des cas de pillage et des tirs sporadiques dans certains quartiers de Bangui. « Nous ne pouvons pas retourner chez nous de peur de ne pas recevoir des balles perdues, car les éléments de la Séléka qui se trouvent dans les différents quartiers continuent de faire de tirs en l’aire », a témoigné un habitant du quartier Yangato dans  le 5ème arrondissement  joint au téléphone.

Dans son premier discours adressé à la nation, le nouveau président centrafricain, Michel Djotodjia, a demandé à tous les centrafricains de reprendre le travail. Un appel qui n’est toujours pas suivi d’effet. « On nous demande de reprendre le travail, alors que les éléments de la Séléka ont encore les armes et se trouvent encore dans les quartiers. Ces hommes armés sont prêts à ouvrir le feu. Comment allons-nous travailler ? », s’interroge Noël Ndoungana, administrateur civil.

En mage de l’insécurité, certains agents de l’Etat déplorent la destruction des locaux administratifs. Lors de l’occupation de la ville de Bangui, plusieurs locaux du secteur public et  privé ont fait l’objet de pillage orchestré par les éléments de la Séléka et quelques habitants de Bangui.

Les rebelles de la coalition Séléka ont finalement pris le contrôle de la ville de Bangui le dimanche 24 mars, après une offensive lancée depuis le 10 décembre 2012 qui a vu l’intervention des Etats de la sous région.

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