Bangui : La société civile condamne le changement anticonstitutionnel et demandent des clarifications

Certaines organisations membres de la société civile centrafricaine ont condamné dans un mémorandum rendu public le samedi 30 mars, le mode d’accession à la magistrature suprême de Michel Djotodjia, opéré le 24 mars, mettant en fuite l’ancien président François Bozizé. Ces ONG demandent également au nouvel homme fort de Bangui, des éclaircissements sur les actes constitutionnels qu’il a pris, pour diriger désormais le pays pendant la période de transition de trois ans qu’il a fixé.

La société civile centrafricaine qualifie de brutal le changement qui s’est opéré dans en Centrafrique, par les rebelles de la coalition Séléka et leur chef Michel Djotodia. Pour elles, les actes constitutionnels qui ont été pris en milieu de la semaine par l’autoproclamé Chef de l’Etat pour conduire la période de transition politique, sont encore non clarifiés pour la population à la base.

« Nous prenons acte du changement de régime et exprimons nos préoccupation concernant certaines questions cruciales qui sont encore sans réponse pour susciter l’adhésion de tous », ont mentionné les membres de la société civile dans leur mémorandum.

Dans ce document, les ONG de la société civile ont pris le sois de rappeler les principales causes de l’instabilité en Centrafrique depuis plus de dix. « Depuis plus de dix ans, la RCA subit les effets négatifs des guerres qui se déroulent dans la région des Grands Lacs, en accueillant des milliers de réfugiés de la RDC, du Burundi et du Rwanda mais également des conflits armés des pays voisins comme le Tchad et le Soudan. Ces guerres, combinées aux rebellions internes en RCA ont accentué la prolifération transfrontalière d’armes de guerre. En outre, les conflits centrafricains qui étaient internes au départ, ont fini par revêtir le caractère régional avec la présence de la LRA de Joseph KONY ou des hommes du chef rebelle Tchadien Baba Laddé en dépit de sa reddition en juin 2012, le recours constant par des Centrafricains à des mercenaires étrangers pour accéder au pouvoir de l’Etat »

La société civile le fait que les « libérateurs », ex-compagnons de route dans la campagne pour la prise du pouvoir par le Général Bozizé en 2003, qui n’ont pas été totalement réintégrés, ont constitué pour ce régime défunt un élément majeur de déstabilisation donnant l’occasion à toutes les rébellions jusqu’à celle de la coalition Séléka, lancée le 10 décembre dernier.

Pour les organisations des défenseurs des droits humains, cette révolution de la Séléka a aggravé la situation des droits humains et humanitaire qui était déjà alarmante. « Près de 700 écoles étaient fermées. Environ 80 autres endommagées laissant des milliers d’enfants traumatisés et sans accès à l’éducation », ont écrit les ONG.

Elles ont fait savoir que la campagne des hommes de la Séléka sur Bangui, les 23 et 24 mars avec la coupure de l’électricité a fait que « plusieurs personnes admises dans les hôpitaux et placées sous oxygène en ont été privées. Cette rupture de l’électricité a entrainé aussi une coupure d’eau courante pendant plusieurs jours. Pour l’heure, plusieurs quartiers n’ont pas toujours retrouvé le rythme normal d’approvisionnement en eau courante ».

Sur le plan sécuritaire, les Organisation de la société civile ont déploré le fait que le camp Béal siège du Ministère de la Défense Nationale ait été détruit et saccagé, ainsi faisant que plusieurs armes de guerre ont été récupérées et remises à des civils n’ayant aucune formation militaire donnant feu-vert aux pillages et autres actes des vandalismes.

Les organisations de la société civile trouvent la situation de « grave » et demandent aux nouvelles autorités du pays, sur ce qui concerne la transition politique de convoquer dans les meilleurs délais une rencontre entre centrafricains pour définir les contours de la transition ; de nommer des personnalités dans les organes de transition sur des critères privilégiant la question du genre, de la compétence, de la probité morale et de l’équilibre géopolitique du pays et surtout de mettre en place des organes de transition dans un esprit consensuel.

Pour l’instauration d’un Etat de droit, les organisations membres de la société civiles estiment nécessaire « la constitution d’un fonds d’indemnisation des victimes des violences armée et le rétablissement de la libre circulation des personnes et des biens ainsi que de la communication sur l’ensemble du territoire national».

Sur ce qui est de la sécurité, elles recommandent « le démarrage dans les meilleurs délais du programme désarmement, démobilisation et réinsertion en veillant sur l’implication et la participation effective des organisations de la société civile à ce programme ;  la sécurisation effective des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national. Elles réclament « le redéploiement des services sociaux de base sur l’ensemble du territoire national ».

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