Bangui : Les pillages, vols à main armée et violences entravent l’aide humanitaire

Bangui, 11 avril 2013 (RJDH)-Les cas de pillage, des vols à main armée et d’autres exactions commises par des hommes armés empêchent l’aide humanitaire. Un constat fait par le Médecin sans frontière (MSF)  sur les derniers évènements qui ont secoué la République centrafricaine et  rendu public dans un communiqué de presse,  ce jeudi 11 avril. Cette structure dénonce  de nombreux cas de pillages, de  vols et des menaces dont elle est victime.

« Des groupes armés incontrôlés présents en République Centrafricaine sèment le chaos et la population civile se retrouve sans accès à l’aide humanitaire dont elle a besoin. A plusieurs reprises, les sites de MSF ont été pillés et le personnel est souvent victime de cas de vols et des menaces. Les nouvelles autorités doivent assumer leurs responsabilités et rétablir un contrôle sur les groupes armés qui opèrent dans plusieurs zones du pays », a précisé le document.

Le communiqué précise que face à cette situation, les équipes médicales du MSF ont été évacuées des villes de Batangafo et de Kabo (nord), en raison de l’insécurité généralisée. Toutes les activités médicales et hospitalières ont été suspendues. Les conséquences de ce retrait sont  que plus de 130 000 personnes ne seront plus prises en charge dans les jours et semaines à venir, car MSF est la seule structure  humanitaire qui intervient dans le domaine sanitaire dans ces zones.

« MSF a subi des incidents similaires à Boguila, où presque tous les expatriés ont été évacués. L’hôpital fonctionne désormais avec une équipe réduite.  En raison de l’insécurité, MSF ne peut accéder à des régions où il y a des besoins médicaux, notamment à  Bossangoa où l’hôpital a été pillé et  le personnel a pris la fuite », a mentionné le document.

A Bangui, après la prise de pouvoir par la Séléka le 24 mars, les sites du MSF ont été pillés à plusieurs reprises, des équipements, des médicaments, de l’argent  en liquide et des véhicules ont été emportés. Depuis le début de l’offensive de la Séléka, les braquages à main armée ont coûté très cher à MSF. Mais plus grave encore, l’aide humanitaire et les activités médicales destinées aux populations qui  sont dans le besoin ont été bloqués.

Pour Sylvain Groulx, chef de mission de cette structure à Bangui, « MSF reste extrêmement inquiète pour la santé et le bien-être de ces populations. Nous devons garder à l’esprit que même en temps de paix, elles doivent se battre tous les jours pour leur survie. Avant les derniers événements, le taux de mortalité lié aux maladies que l’on peut prévenir et traiter (principalement le paludisme) était déjà supérieur aux seuils d’urgence dans plusieurs régions du pays. Aujourd’hui, l’insécurité compromet leurs moyens de survie déjà fragiles. »

Les équipes du MSF continuent d’apporter un soutien médical à l’hôpital communautaire de Bangui. Même si la situation s’est stabilisée dans la capitale, des patients blessés, victimes d’attaques et des tirs, continuent de venir s’y faire soigner.

MSF appelle le nouveau gouvernement, à exercer un plus grand contrôle sur les personnes armées et sur leurs propres forces pour que cessent les menaces et les attaques armées contre le personnel humanitaire et les structures médicales de sorte que  la population puisse recevoir une aide humanitaire. A défaut, MSF redoute des conséquences dramatiques pour la population.

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