Bangui : Une semaine mouvementé par des évènements liés à l’insécurité

Bangui, 20 avril (RJDH)-La semaine qui vient de s’achever est mouvementée par des actualités sociopolitiques et d’insécurité en République centrafricaine. Plusieurs cas de pillage, d’exaction et de tuerie ont été enregistrés à Bangui ainsi qu’à l’intérieur du pays. Cette situation a poussé les chefs d’Etats de la communauté économique de l’Afrique centrale (CEEAC) à prendre des mesures pour éviter à la Centrafrique de tomber dans le chaos.

Au terme du sommet de la CEEAC tenu le vendredi 19 avril à N’Djamena au Tchad, les chefs d’Etats membres de cette communauté ont reconnu officiellement, Michel Djotodja,  président de la République centrafricaine. Ils ont également décidé l’envoi prochain à Bangui de 15 00 hommes pour renforcer les 500 troupes de la force multinationale en Afrique centrale (FOMAC).

Le pouvoir du Premier ministre Nicolas Tiangaye a été également renforcer ainsi que l’augmentation de nombre des membres du Conseil national de transition (CNT), qui passe de 105 à 135. Enfin, un groupe de contact a été mis en place, pour mobiliser des fonds afin de sortir la RCA de l’ornière dans laquelle elle se trouve actuellement.

S’agissant de la situation sécuritaire dans le pays, la population de la capitale centrafricaine est terrorisée par les hommes de la Séléka, suite aux opérations du désarmement dans le 4ème et le 7ème arrondissement de la ville. Une activité qui s’est transformée en scène de pillage et a entrainé plusieurs morts et des blessés, le dimanche 14 avril. Plusieurs personnes habitant ces localités ont fui pour trouver refuge dans d’autres quartiers de la ville.

Selon le témoignage d’un habitant du quartier Ouango, dans le 7ème arrondissement de Bangui, « les hommes de la Séléka ont couvert le quartier sous prétexte qu’ils sont venus rechercher des armes de guerre que l’ancien président François Bozizé aurait distribuées aux jeunes. Mais quand ils rentrent dans la maison, ils prennent tous les objets de valeurs qu’ils trouvent ».

Au quartier Boye-Rabe, dans le 4ème arrondissement, plusieurs cas de pillage, d’exaction et de viol ont été enregistrés. Selon un habitat de ce quartier qui fuyait les exactions, les hommes de la Séléka vont de maison en maison pour piller. D’après un bilan provisoire  établit par le Comité internationale de la Croix-Rouge, 17 corps sont ramassés dans le 4ème et le 7ème arrondissement de Bangui et 47 personnes blessées par balles.

Le lundi 15 avril, deux conducteurs de taxi-moto ont été tués et leurs motos emportées  par des éléments de la Séléka au quartier Guitangola dans le 3ème arrondissement de la capitale.  Dans la journée du Jeudi, un élément des forces armées centrafricaines (FACA) a été assassiné par les éléments de la Séléka, sur le pont de Soh, à 14 kilomètres de Bangui, à la sortie nord sur l’axe Boali.

A Nola dans la partie sud du pays, un jeune de 19 ans a été également tué et plusieurs autres ont été blessés le jeudi 18, par les éléments de ce même mouvement. Dans le nord du pays, précisément à Batangafo, six villages ont été incendiés, le dimanche 14, par des éleveurs peulhs. D’après les chiffres communiqués par un agent de santé communautaire de cette localité,  1908 personnes sont actuellement sans abri.

Six personnes enlevées par les rebelles ougandais  de l’Armée de résistance  du seigneur (LRA) de joseph Kony sont sorties de leur captivité, le mercredi 10 avril, dans un village à 40 kilomètres de la RafaÏ (sud-est). L’information a été livrée par les officiers ougandais lors de la réunion  hebdomadaire de sécurité, le lundi dernier. Par contre la présence de ces hommes a été signale dans la préfecture de Haut-Mbomou, cette semaine par des leaders communautaires lors de la réunion de sécurité.

Sur le plan socioprofessionnel, les activités peinent à reprendre. Cette situation est liée à l’insécurité grandissante encore dans le pays et plusieurs cas de pillage dans les différents services étatiques.  La rentrée des classes  qui était prévue pour le lundi 15 mars n’a pas été effective. Africain Kazangba, président de l’Association des parents d’élèves (APE) de Centrafrique, a fait savoir que l’insécurité orchestrée par les séléka dans le pays, ne permet pas la reprise des classes.

Il également fait savoir qu’une réunion de concertation entre le bureau de l’APE et le ministre de l’Education nationale est prévu pour le mois de mai prochain afin de discuter des conditions de la reprise des cours sur toute l’étendue du territoire.

Dans certaines administrations publiques, une bonne partie des agents de l’Etat n’ont pas encore repris leurs activités. La plupart des bureaux administratifs sont jusqu’à ce jour restés fermés. Car tous les matériels ont été pillés.

Sur le plan sanitaire, le centre de santé du camp militaire ‘’Fidèle Obrou’’, a encore fait l’objet de pillage et de vol, dans la nuit du mardi au mercredi 17 avril. Des médicaments anti tuberculeux et des matériels du bureau ont été emportés, par les éléments de la coalition Séléka.

La prise en charge médicale d’environ 15 000 personnes vivant avec le VHI/sida pose problème, suite aux pillages de plusieurs centres, qui s’occupaient des malades du sida, dont les éléments de la Séléka sont à l’origine. Une situation qui peut entrainer la rechute des maladies opportunistes chez les victimes du sida, a fait observer Ibrahim-Victor Boh, administrateur adjoint du Réseau centrafricain des personnes vivant avec le VIH/sida (RECAPEV).

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