Bangui : Les conducteurs de taxi et bus protestent contre les exactions de la Séléka

Bangui, 24 avril 2013 (RJDH) – Les conducteurs des taxis et bus ont suspendu les activités ce lundi 24 avril, pour protester contre les exactions perpétrées par  des hommes de la Séléka à leur égard au quotidien. Ce mouvement de grève a handicapé le bon fonctionnement des activités dans la capitale centrafricaine.

Depuis la prise de pouvoir par la coalition Séléka, les conducteurs des taxis et bus disent avoir subi quotidiennement toutes sortes d’exactions de la part des hommes en arme.

« Nous avons décidé de garer nos véhicules aujourd’hui à cause des exactions que nous subissons chaque jour de la part des éléments de la Séléka. Il ne se passe pas un seul jour sans que l’un de nous puisse être agressé par ces rebelles. Nos recettes ont été pris par la force, nos vies sont en danger à chaque fois que nous sommes sur la route », a déclaré un conducteur de taxi, qui a requis l’anonymat.

Selon la même source « Ces hommes en arme nous maltraitent. Quand ils demandent des services, ils ne payent pas les tarifs normaux. Si le conducteur veut réclamer,  ils  le passent à tabac parfois, ils emportent souvent son véhicule », a témoigné un conducteur de taxi sous couvert de l’anonymat.

Pour mettre fin aux exactions, les responsables de cette coalition ont mis à la disposition de la population des numéros de téléphone,  afin de les alerter en cas d’exactions commises par les rebelles de la Séléka. « Quand nous sommes victimes d’une agression et que nous appelons ces numéros, ils sont toujours injoignables », a jouté un autre conducteur.

Ces derniers ont fait savoir que la seule manière de se faire entendre c’est de cesser le travail, afin d’amener les leaders de la Séléka à trouver une solution à leur revendication. « Nous demandons au gouvernement de garantir notre sécurité. Sinon, nous allons cesser notre activité pour une durée indéterminée, si aucune mesure n’est prise », a-t-il conclu.

Cette grève a eu une répercussion négative sur la population. Plusieurs personnes, en majorité les agents de l’Etat se sont déplacés à pied, pour se rendre au travail.

« Vraiment la situation est très difficile. J’ai fais cinq kilomètres à pied pour me rendre au travail. Je me demande à quand est ce que tout cela va s’arrêter pour que la paix revienne définitivement dans le pays. Nous ne pouvons pas continuer à vivre de cette manière. Il faut que cela cesse », se plaint un agent de l’Etat.

Certaines personnes pensent que l’initiative des conducteurs de taxis et bus est la bonne. Parce que cela peut pousser les nouvelles autorités de Bangui à prendre des dispositions pour que la sécurité et la paix soient garanties dans le pays.

Marie-Paule Ndamo a fait savoir que  la grève des conducteurs de taxis et bus est légitime, « je suis tout à fait d’accord avec les conducteurs de taxis et bus pour cette grève. Parce que cela peut amener les leaders de la Séléka, de prendre des mesures contre leurs éléments qui se croient être dans une République bananière ».

Le syndicat des conducteurs des taxis et bus a promis de reprendre le travail jeudi, après avoir reçu l’assurance des leaders de la Séléka, d’assurer leur sécurité.

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