Bangui : Les évêques de Centrafrique demandent de réparation à Michel Djotodia

Bangui, 8 mai 2013 (RJDH) – Les évêques de Centrafrique ont demandé réparation à Michel Djotodia, président de transition, suite aux dégâts liés au coup de force qui l’a conduit au pouvoir le 24 en mars par coup de force.  Les prélats se sont adressé aux nouvelles autorités de Bangui, dans une lettre ouverte intitulée « Plus jamais ça… Non à l’impunité! ».

« Il ne faut pas profiter du principe du pardon pour abuser impunément des autres », ont rappelé les évêques. Avant d’interpeller le président de la transition et le Premier ministre Nicolas Tiangaye, ainsi l’opinion internationale, « au sujet du drame dans lequel le paisible peuple centrafricain est plongé depuis le 10 décembre 2012 », date à laquelle la coalition Séléka a pris les armes.

Les religieux ont mentionné  « l’avancée fulgurante de la coalition de la Séléka  qui a abouti le 24 mars à la conquête de la ville de Bangui, à la fuite du président Bozizé et au changement de régime ». Ils ont aussi souligné la légitimation du coup de force par « le sentiment d’oppression imposée par Bozizé et son régime » qui sont des  arguments tenus  par certains ténors de la coalition. « Si chaque région de la République Centrafricaine tenait un tel langage, le pays serait tout le temps à feu et à sang », expliquent-ils.

Le document a  énuméré les conséquences désastreuses qui ont découlé de cette « logique de guerre » partout où les troupes du Séléka sont passées. Les  menaces et tortures psychologiques, viols des jeunes filles et des femmes,  enrôlement d’enfants soldats, déplacement de personnes, pillage des édifices publics, des hôpitaux, des écoles, des unités de production économique entre autres.

« La République centrafricaine est ainsi devenue un pays fantôme dont les valeurs éthiques ont été remplacées par le gain du pouvoir, l’injustice, la loi du plus fort, les règlements de compte et la chasse aux sorcières », déplorent encore les hommes d’Église, considérant que les Centrafricains sont désormais considérés « comme des bêtes de somme qu’il faut traquer et abattre impunément ».

Face à tout cela, les évêques demandent au président de condamner les méfaits de la Séléka et de s’atteler « de toute urgence » à relever les vrais défis que sont : la sécurisation du pays ; le désarmement et le cantonnement des combattants ; l’établissement d’une administration forte et garante de la justice ; le bon fonctionnement des organes de transition ; le rapatriement de tous les biens volés et convoyés au Tchad et au Soudan…

Les évêques terminent en exigeant du président « réparation pour tous les biens de l’Église volés, pillés, saccagés ou vandalisés ».

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