Bangui : La Séléka a commis de graves violations des droits humains, selon Human Rights Watch

Bangui, 10 mai 2013 (RJDH) – De graves violations des droits de l’homme ont été commises  par des éléments de la coalition Séléka sur la population civile en Centrafrique, lors de la prise de pouvoir par cette rébellion le 24 mars. Une affirmation faite par Human Rights Watch dans son rapport rendue publique ce vendredi 10 mai.

Le document a cité entre autres des cas pillages, des exécutions sommaires, des viols et des actes de torture dont la population a été victime. « Quand la Séléka s’est emparée de Bangui, la capitale, les rebelles se sont livrés à une frénésie de pillages, assassinant des civils, violant des femmes et procédant à des règlements de comptes avec les membres des Forces armées centrafricaines (FACA) », a rapporté le document.

Selon les leaders de la Séléka, les raisons qui les ont poussés à prendre les armes et à renverser le régime de François Bozizé sont le non respect des accords de Libreville, la mauvaise gérance des biens publics et la question de racisme, pour ne citer que ceux-là.

« Si la coalition Séléka veut remédier aux abus commis par le précédent gouvernement, comme elle le prétend, elle devrait immédiatement mettre fin aux exactions atroces commises par ses propres membres», a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch.

Dans le rapport publié Human Rights Watch, explique la notion de Séléka qui signifie « alliance» en sango, une des langues nationales de la Centrafrique. «  Ce terme désigne une coalition de plusieurs forces rebelles qui se sont alliées dans le but de lutter contre les violations des droits humains et la pauvreté dans le nord-est du pays ».

Cependant dans son précédent rapport établi en 2007 dans la région nord-est de la Centrafrique,  Human Rights Watch a  révélé que les  forces armées fidèles au président Bozizé, ont également commis des  exactions contre la population civile.

« Lors d’une mission de recherche de dix jours menée à Bangui fin avril 2013, Human Rights Watch a interrogé quelques 70 personnes, dont des témoins, des victimes, des défenseurs locaux des droits humains, des journalistes, des représentants de l’ancien gouvernement et de celui qui lui a succédé, ainsi que d’autres sources ».

Interrogées sur cette question, les nouvelles  autorités  de Bangui ont affirmé  au à Human Rights Watch, que les exactions documentées par l’organisation avaient été commises par d’anciens membres du gouvernement Bozizé, ou par des «faux Séléka». Une affirmation du ministre d’État chargé de la sécurité publique Noureddine Adam. Celui-ci affirme avoir le contrôle de ses troupes.

Par ailleurs, certains témoins et victimes des exactions ont confirmé les faits selon laquelle des éléments de la Séléka sont les auteurs de ces actes. « Human Rights Watch estime que les déclarations des témoins permettent d’établir qu’à l’échelle locale, les rebelles obéissaient aux ordres de leurs supérieurs les plus proches », a relevé le document.

A cet effet, Human Rights Watch appelle le gouvernement de la République centrafricaine et les autorités de la Séléka à «  restaurer l’État de droit et l’ordre public dans les villes qu’ils contrôlent, en y affectant d’urgence des commandants de zone, sous l’autorité des ministères de la Sécurité publique et de la Défense ».

Les nouvelles autorités de Bangui sont aussi appelées à rétablir les institutions sur tout le territoire. Celles-ci doivent assurer aux victimes d’exactions un accès à des services, notamment médicaux, en accordant une attention particulière aux femmes et aux filles ayant survécu à des violences sexuelles.

Les institutions internationales à savoir le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA) et le Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH)  sont appelées à suivre de près l’évolution de la situation sécuritaire  et humanitaire dans le pays.

Ces structures onusiennes, devraient fournir un appui à la Commission nationale d’enquête et exhorter le gouvernement à aller de l’avant pour s’acquitter de son obligation de traduire en justice les responsables d’exactions.

Le 22 avril, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a déclaré qu’elle examinait de très près « les affirmations selon lesquelles des crimes relevant de la compétence de la Cour auraient été commis en République centrafricaine, notamment des attaques contre des civils, des assassinats et des pillages». Le pillage, le viol et le meurtre, y compris sous forme d’exécution sommaire, constituent des crimes de guerre, selon le statut de la CPI.

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